CLEFS POUR UNE LOGIQUE CULTURELLE 2

Reste à savoir, maintenant, la façon dont les événements ont joué sur cet échiquier.

FONDEMENTS DE TEMPS LONG Le soubassement humain préhistorique
Au regard du mouvement général de la dispersion de l’Humanité à la surface de la planète, la Péninsule indochinoise apparaît comme relativement à l’écart des grands courants de peuplement. Depuis que l’Homme est apparu dans cette partie du monde, ce promontoire a servi surtout de voie de reflux vers l’Asie du Sud-Est insulaire, et au-delà vers les îles du Pacifique et vers l’Australie, peuplée à une date relativement récente (-40000 ans). Cette lente dérive des populations continentales vers les Mers du Sud se poursuit de nos jours, avec les Hmongs, par exemple.

Ces migrations deviennent à peu près identifiables en termes ethniques après la dernière glaciation (-8000) qui ouvre l’ultime phase de la Préhistoire. L’Indochine voit alors se succéder pendant cinq millénaires des populations «noires», les premières apparentées aux Australiens, les dernières aux Mélanésiens. Ces populations présentent encore l’allure «préhistorique» marquée de prédateurs clairsemés et itinérants (chasse, pêche, cueillette) dotés d’un outillage archaïque de pierre taillée, alors qu’en Méditenanée orientale les techniques «modernes» néolithiques sont déjà en plein développement (agriculture, pierre polie, élevage, sédentarisation…).

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Vers la fin du IVe millénaire, au moment où, au Moyen-Orient, démane l’histoire du Monde (Egypte, Sumer), apparaissent en Indochine les premières techniques néolithiques qui permettent de passer à une économie de production et d’accroître les densités de population; ceci, apparemment, en relation avec l’arrivée de nouveaux venus, de race «jaune» cette fois-ci. Il s’agit d’abord d’«Austronésiens» (ancêtres des Chams, Jaraïs, etc.); un millénaire plus tard, d’«Austroasiatiques» (ancêtres des Khmers, Vietnamiens, etc.). Ces groupes humains, désormais plus substantiels, s’agrègent en petits clans tribaux semi-itinérants résidant en hameaux temporaires.

Au cours du deuxième millénaire avant notre ère, ces groupes achèvent de se densifier et de se sédentariser en villages, élaborant des civilisations que l’on pouna décrire, par facilité de langage, comme encore relativement grossières; ces civilisations, caractérisées, à l’occasion, par une architecture monumentale simple (Mégalithes, forteresses circulaires, etc.) et surtout par le travail du métal, ignorent toujours l’écriture. Néanmoins, ces groupes se structurent en chefferies dont l’un des symboles est le tambour de bronze, retrouvé du Yunnan au fond de l’Indonésie. L’iconographie des dits-tambours permet de se représenter ces sociétés. On peut supposer que certaines minorités de Chine du Sud ou de l’Assam, certains montagnards de la Péninsule ou de l’Archipel (Bataks de Sumatra, Dayaks de Bornéo) en aient préservé l’image.

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