De Saigon à Thanh-Pho Ho-Chi-Minh

Le 2 juillet 1976, afin d’honorer la mémoire de l’ex-président Hô Chi-Minh, l’Assemblée Nationale décida d’attribuer son nom à l’ancienne capitale du Sud-Viêt-nam, rattaché au Nord en 1975.
Toutefois, le néologisme de Thàn-phô Hô Chi-Minh (Ho Chi- Minh-Ville) n’a pas encore été adopté universellement par les Occidentaux, ni même par les Vietnamiens qui continuent souvent à nommer Saigon leur ancienne métropole méridionale.
Un peu d’histoire et la structure de la ville
Cette gigantesque cité de 4,5 millions d’habitants est de construction récente, car, sous sa forme actuelle, elle n’a guère plus d’un siècle. Aux débuts du XVlIe s., lorsque les colons vietnamiens occupèrent la région, elle faisait encore partie du territoire cambodgien. Le site de Saigon était alors sans doute un simple embarcadère protégé par un petit fort cambodgien où marins et négociants, essentiellement chinois, effectuaient des opérations commerciales. De cette simple escale de jonques et de sampans cabotant au long des côtes, quelques entrepreneurs firent un petit carrefour commerçant, creusant des chenaux pour améliorer la circulation fluviale et aménageant des débarcadères pour le fret.
Les Seigneurs de Huê commencent leur prise en main admi¬nistrative au début du XVIIIe siècle. Au cours de sa guerre de reconquête en 1790, le prince Nguyên Anh fît appel au Français Olivier de Puymanel pour édifier une citadelle sur le site de Gia Dinh. Elaborée selon les conceptions défensives de Vauban, cette place forte comptait huit portes percées dans les fortifications, d’où son nom: Thành Bat-quai (La Citadelle aux Huit Trigrammes).
La ville cambodgienne de Prey Nokor
De l’état du site antérieurement au XVIIIe s., celui de la ville cambodgienne de Prey Nokor, on ne sait virtuellement rien. Il y a tout lieu de penser que le fort cambodgien devait se trouver quelque part sur le sommet de la petite butte, au croisement de l’ex-rue Chasseloup-Laubat et de la rue Blanchy, approximativement dans le quartier de la cathédrale actuelle.
Classiquement, les divers groupes ethniques qui composaient la population du lieu devaient se regrouper par quartiers spécialisés autour de la citadelle, probablement les Khmers au nord-ouest, du côté de la pagode Chantarangsey ; les Musulmans chams au nord- est, du côté des principales mosquées et au bord du fleuve où ils devaient amarrer leurs jonques et leurs maisons flottantes; les Indiens au sud-est, où l’on trouve le temple indien; les Chinois au sud-ouest, du côté de l’actuelle Cho-lon.
Le quartier cambodgien
Il faut signaler l’existence d’un quartier cambodgien, dans la partie nord de la ville (quartier n°3). Celui-ci s’articule autour de son monastère (Vat), si caractéristique, nommé Chantarangsey (pour le voir, il faut demander en vietnamien «Chùa Khmer»). Il est situé, me Nguyên Van Troi (ancienne me Eyriaud des Vergnes). Largement prolongée vers le nord-est, celle-ci conduit approximativement du quartier des jardins du bâtiment public, rebaptisé «Palais de la réunification», vers l’aérodrome de Tan Son Nhut.
Les quartiers musulmans
On remarquera, piquetées à travers la ville, d’assez nombreu¬ses mosquées, traduisant par le relais cham, la permanence de la composante «nousantarienne» : d’abord les Chams islamisés, les Malais et les descendants des Maures, comme les appelaient encore les premiers Européens.

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