LES KHMERS

LA GENERALITE DE L’ESPACE KHMER
En remontant le Mékong, on atteint, au sortir du Fou-nan, le pays proprement khmer, lequel n’entre, au mieux, dans l’histoire qu’au cours du Ve s. après J.-C. Pour repérer, sur l’axe du Mékong, les bornes de son espace, il faut mettre entre parenthèses deux phénomènes qui ont pris ce dernier en tenaille :
– la remontée de la colonisation vietnamienne. Cela fait, on découvre le pays khmer à une bonne centaine de kilomètres en aval de Phnom-Penh, à quelque 150 kilomètres de la mer, quelque part en aval de Moat Chmk (en vietnamien Chau-doc), du côté de Barach (en vietnamien Long-xuyen).
– la descente des populations lao, lesquelles ont fini par atteindre, en plein pays khmer, l’aval de Stung Treng, à quelque 650 kilomètres de la mer, en s’insinuant entre des populations khmères ou apparentées, demeurées sur place et que l’on retrouve bien au nord de la frontière cambodgienne actuelle, jusqu’aux rives de la Sé Mun, voire au-delà (aux environs de 950 kilomètres de la mer).
On peut donc dire, lato sensu, que le Mékong traverse le territoire «khmer» sur quelque 800 km, comme en témoigne une cartographie cumulative des sites archéologiques ou historiques, des toponymes, des ethnies, etc.

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Discontinuité géo-historique
Cela dit, au cours des siècles, cet espace n’a pas été occupé de manière homogène par la Couronne khmère. Si les Angkoriens du Moyen-Age ont géré de manière préférentielle sa moitié septentrionale, depuis le XlVe s., le Cambodge post-angkorien tend à se recentrer sur sa moitié méridionale, vers l’aval du Mékong, achevant probablement alors le processus d’absorption des descendants des Founanais, voire colonisant des terres deltaïques demeurées quasiment vierges. C’est la raison pour laquelle il faut distinguer clans l’approche des Khmers deux strates temporelles, deux logiques historiques, deux séries de sites enfin, nettement distribués dans l’espace :
– ceux des Khmers du «Moyen-Age», qui intéressent surtout la moitié nord du Cambodge actuel ;
– ceux du Cambodge post-angkorien, centrés sur la moitié sud du Cambodge d’aujourd’hui.
Notre présentation respectera évidemment, à l’intérieur de l’espace khmer, l’ordre chronologique, et nous verrons successivement les sites anciens puis les sites modernes, à savoir d’abord les provinces du Nord, puis les provinces du Sud.

Le fil directeur de la continuité : la langue
Cette démarche, un peu paradoxale, s’accepte d’autant mieux que, depuis les origines, il y a continuité linguistique au Cambodge; ce qui est suffisamment rare dans une Indochine dont la plupart des langues nationales (siamois, vietnamien, etc.) ne sont pas attestées avant le XHIe siècle. Certains textes, précisément datés, nous permettent, en effet, d’attester l’existence du khmer écrit dès le début du Vile siècle, même si d’autres inscriptions, assurément plus anciennes ne peuvent être datées avec certitude.

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